La morale, la conscience morale, la décision morale...

Ce qui suit ne prétend pas faire ‘’le tour’’ de la question, ni aborder tout ce qui se situe dans le ‘’champ moral’’.

Pour ces éléments de réflexion, j’ai puisé dans le livre :

’’ REPERES ETHIQUES pour un monde nouveau ‘’ de Xavier THEVENOT -   Salvator, 1982 -  

Nul ne peut se passer de morale, c’est-à-dire d’un champ de valeurs, explicite ou implicite, auquel s’y référer pour ‘’construire’’ sa vie, c’est tout

aussi vrai pour tout groupe et toute société.

La morale se propose de réfléchir aux conditions et aux ‘’chemins’’ qui permettent à tout être humain pris dans sa réalité, de devenir, avec les autres, pleinement humain.

La visée dernière de la morale, c’est le bonheur, c’est le développement le plus harmonieux possible de tout l’être humain, et de tous les humains.

La morale chrétienne a la même visée que la morale non-chrétienne, à savoir le bonheur. Mais le moraliste chrétien a la conviction que la quête du bonheur est favorisée par la ‘’connaissance’’ du Dieu de Jésus-Christ.

Le chrétien croit que son bonheur humain, sa vraie vie, se réalisent dans le rapport entre Dieun, son créateur et son sauveur.

La morale, bien comprise, ne saurait donc se résumer aux permis/défendus.

Dans la morale, trois dimensions sont à distinguer : l’universel, le particuiler, le singulier.

La dimension universelle : ce sont les principes premiers et invariants qui informent l’agir concret, par exemple : ‘’Ne fait pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse à toi-même...’’ ou ‘’ aime ton prochain comme toi-même...’’ Mais ces préceptes ne nous disent rien sur la façon concrète de les vivre dans telle ou telle situation : dans la vie de couple, aimer est-ce ne pas divorcer ou divorcer en cas d’échec irrémédialble ?

La dimension particulière : elle cherche à donner consistance aux principes premiers  et elle vise à donner des points de repères pour décider ce qu’il bon de dire et de faire dans telle ou telle réalité vécue.

Trois constats sont à prendre en considération :

 a) Ce sont des êtres humains qui élaborent ces normes concrètes, elles s’élaborent peu à peu au contact des réalités et par l’expérience, elles sont donc les ‘’fruits’’ d’une expérimentation en lien continuel avec les principes premiers.

 b) Sous cet aspect, la morale n’est ni éternelle, ni universelle.

 c) L’élaboration des normes concrètes est soumise à un certain aléas, elles ne sont  donc pas absolues, car cette élaboraion se fait par des personnes ou des groupes de personnes soumis à des pressions idéologiques, politiques, scientifiques, philosophiques, religieuses, venant de ‘’ l’extérieur’’ ( société, Eglise, parti politique, courant philosophique.. ) ou de l’intérieur d’un groupe qui regroupe des personnes diverses de par leurs convictions. Une norme a toujours besoin de montrer son efficacité pour pouvoir se maintenir.

 La dimension singulière : le singulier désigne ce que chaque personne prise dans telle réalité précise a d’unique. La morale cherche donc ce qui est effectivment possible à tel moment de la vie pour telle personne vivant telle situation, toujours en vue de son bonheur et de ceux avec qui elle vit.

Ces trois dimensions sont toujours à articuler ensemble, car s’enfermer dans la dimension universelle c’est se condamner à un prophétisme imaginaire et inéfficace, se contenter de la dimension particulière c’est s’emprisonner dans un légalisme déssêchant et aliènant, car ‘’ l’homme est vie et non pas loi ‘’, et se réfugier dans le singulier c’est être ‘’myope’’ et ne pas prendre au sérieux la dimension collective de toute conduite personnelle.

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