Au commencement, avant les Etats, avant l’Eglise, était le mariage à l’état ‘’originel’’ tel qu’il est ‘’sorti des mains du créateur’’. C’est cette institution des origines qu’on appelle ‘’mariage coutumier’’, union basée sur des lois, d’abord non écrites, puis peu à peu codifiées, dans laquelle influait nombre d’éléments ( alliance entre tribus, survie d’un clan, d’un groupe, etc... ) parmi lesquels l’amour humain n’avait pas une place prépondérante. 

Dans l’histoire biblique, le mariage était d’abord une réalité humaine, sans plus. Le mariage est régit par des coutumes en évolution, la signification de l’union conjugale étant exprimée dans le Livre de la Genèse : « Faisons l’homme à notre image...  - ... l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne ferons plus qu’un... » ( Gn 1 et 2 ) Le texte ne dit rien de la forme du mariage. La révélation biblique ‘’place’’ Dieu à l’origine de tout ce qui vit et existe et donc à plus forte raison de l’être humain : « il les fit homme et femme... » ( Gn 1, 27 ) « Dieu les fit mâle et femelle » ( traduction de la T.O.B. )  Jésus ne dit rien de spécial, ou de nouveau, il renvoie ses auditeurs et ses questionneurs à l’Ecriture, il confirme ainsi ce qui a été écrit ( Mt 19, 3 à 6 - Mc 10, 6 à 9 ) et, seule nouveauté, ajoute : « Donc ce que Dieu a unit, que l’homme ne le sépare pas ». Le mariage juif familial traditionnel, sans intervention d’un rabbin, apparaît déjà comme un engagement unique et définitif à l’image de l’engagement de Dieu envers son peuple. La réalité se tenait parfois loin de cet idéal. Si le mariage se portant bien en Israël, le divorce aussi, il suffisait que le mari trouve une ‘’tare’’ » à imputer à sa femme pour que, par un simple billet de répudiation ( Deut, 24, 1 ), l’union était brisée. Jésus met en cause cette pratique ( Mt 19 7-9 ) car c’est la ‘’dureté du cœur’’ qui en est à l’origine. - Les premiers chrétiens se mariaient selon les us et coutume en vigueur dans leur pays. Le mariage et la vérité de l’union conjugale dans l’enseignement de Jésus étant une exigence parmi d’autres. Au cours des premiers siècles, l’Eglise était surtout préoccupée par la répudiation de la femme par son mari. L’amour humain était vécu à l’image du Christ et de son union fidèle à l’Eglise.

Mariage, divorce et remariage : Au début du 3ème siècle on trouve un texte qui précise que pour ceux et celles dont le divorce est motivé par l’adultère du conjoint le remariage n’est pas absolument interdit. En 324, au concile d’Arles, chez les évêques, se manifestait une commune tolérance ou du moins une attitude indulgente à l’égard du conjoint trompé.... mais le débat existait déjà entre les évêques ! Au début du 4ème siècle l’empereur Constantin essaye ‘’d’injecter’’ un peu de christianisme dans les lois de l’empire romain en aggravant les peines pour le conjoint adultère et le complice. Mais comme l’adultère est vu comme rompant le mariage, le remariage est implicitement toléré au nom de la miséricorde.  ( Concile de Tolède en 681 et de Rome en 826 et 853 )

En 755, pour la première fois l’Eglise ordonne que tous fassent un mariage public ( Concile de Verneuil ) pour éviter les mariages consanguins.

Autour des années 750-800, en Gaule, Germanie et Grande Bretagne les chrétiens doivent passer un examen de conscience pour déceler les unions qui, tout en étant permises, étaient interdites de bénédictions nuptiales. Autour de 850, c’est par une mystication basée sur des écrits apocryphes ( des pseudo-isidoriens ) que fut transféré le droit matrimonial à l’Eglise. Une période de débats commence alors, deux siècles seront nécessaires pour élaborer l’idée que le mariage ( une réalité humaine ) devant être considéré comme un Sacrement en raison de la nature même du mariage ( période du 11ème au 13ème siècle ) Un ‘’tournant’’, le Concile de Trente ( 1545-1563 ) Il a été réunit principalement pour combattre les thèses de Luther, de Calvin, et de la Réforme. A propos du mariage, ce qui va être visé c’est les mariages ‘’clandestins’’ contractés par consentement mutuel, mais sans aucun témoin. Dorénavent sévèrement interdites par les lois séculières et religieuses, ces unions secrètes étaient considérées comme valides jusqu’au Concile de Trente selon l’adage que ‘’ c’est le consentement qui fait le mariage ‘’. En 1563, est adopté le décret ’Tamesti’’ qui admet la validité du mariage clandestin aussi longtemps que l’Eglise ne le déclare pas nul.  A partir de là on parle aussi de ‘’mariage indissoluble’’.Le mariage civil : c’est la révolution française qui l’instaura en 1791, il se répandit en Europe, puis dans le reste du monde. Par la suite, il y eut bien des débats et des affrontements entre la société civile et l’Eglise. Le mariage religieux : La forme juridique actuelle du mariage religieux date de 1915. La cérémonie à l’église suit le mariage civil. La spiritualité conjugale : c’est le Concile Vatican II qui va promouvoir une spiritualité nettement plus optimiste en s’appuyant pour une part sur les textes de la Bible relus en tenant compte du travail des biblistes et pour une autre part sur des travaux scientifiques de 1935 qui mirent en lumière que la sexualité humaine est d’un tout autre ordre que la sexualité animale, car au-delà de sa fonction procréatrice elle est d’abord une rencontre privilégiée et totale de deux personnes de sexe opposé.

La nullité du mariage : en 1977 une équipe d’enquêteurs pour les demandes de déclaration de nullité estimait que 25% des mariages étaient entachés de nullité par ‘’légèreté’’, manque de maturité psychologique et affective, inconscience, pressions...au moment de l’engagement.