Qui dira : « Nous avons du respect pour vous » ?

 

Depuis le début du mois, nous connaissons des événements qui chaque nuit mettent à mal les quartiers et les banlieues. Ils suscitent des réactions de toutes sortes : peur, racisme, propos d’exclusion, incompréhensions, désarroi, tristesse, colère. Nous, chrétiens, présents dans les quartiers, rassemblés dans les mouvements d’enfants,  de jeunes, d’adultes, et en Mission ouvrière*, voulons prendre la parole.

 

La violence, où est-elle vraiment ?

Quand 6 millions de personnes vivent dans notre pays avec moins de 600 euros par mois,

Quand des familles sont expulsées de leur logement,

Quand les dettes sont affichées dans les halls des immeubles,

Quand des jeunes sont fouillés à quatre reprises dans un même trajet,

Quand on est au chômage de père en fils !

Le mépris jusqu’où ?

Quand on insulte les jeunes en les traitant de « racailles », comme on le disait autrefois des ouvriers en usine, et comme on l’insinue en parlant des « gens d’en bas »,

Quand on s’appelle Mohammed, qu’on habite la tour X dans la cité Y, et que même avec bac plus 5, on ne trouve pas de travail,

Quand on prétend que les organisations syndicales ne servent à rien, et qu’on coupe les subventions aux associations sous prétexte qu’elles auraient échoué sur les quartiers !

Changer en profondeur

Voilà notre réalité, celles de nos quartiers, de nos cités, de nos banlieues.

Nous ne sommes surpris ni de ce qui arrive, ni de la forme destructrice que cela prend. Mais nous savons bien que ce n’est pas de cette manière-là que les choses changeront en profondeur. Toute l’histoire du monde ouvrier le manifeste et nos vies de militants en témoignent.

C’est pourquoi nous ne sommes pas d’accord avec ces violences qui se répètent chaque nuit.

Au contraire, nous appelons largement les jeunes, les enfants, les adultes à prendre une autre voie qui donne du prix à la vie, qui mobilise pour l’emploi des jeunes, qui rend acteur de fraternité, révélateur de dignité.

Des chemins pour avancer

Nous sommes convaincus qu’il y a des chemins à emprunter pour manifester :

 L’importance des lieux de rencontre entre générations, quartiers, religions, cultures ;

 L’importance de se connaître pour chasser les peurs ;

 L’importance de s’entraider pour comprendre la complexité de ce qui se passe ;

 L’importance de tous ces lieux qui donnent la parole et permettent d’agir :

      mouvements, associations, syndicats et partis ;

 L’importance de mesurer la portée de nos actes et de nos paroles ;

 L’importance de puiser dans la prière la capacité du discernement et la force de la paix.

 

Nous sommes de ceux qui croient que le Christ, livré par amour de tous, condamné pour avoir redonné dignité aux exclus et aux méprisés, nous ouvre encore un avenir plein d’espérance.

 

 

 La Mission ouvrière est composée de l’ACO (Action catholique ouvrière), la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), l’ACE (Action catholique des enfants), les prêtres-ouvriers, les prêtres, diacres et religieuses en monde ouvrier.

 

   Ce message est diffusé par le Conseil Diocésain de la Mission Ouvrière d’Alsace

   17, rue de la cigale  68 200  MULHOUSE - courriel : aceaco@fr.oleane.com