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Après avoir lu  Matthieu, 25, 4-30

Commentaires et clefs de lecture -

Mathieu puise son vocabulaire dans le langage des affaires : un talent c'est l'équivalent de plus de quinze ans de salaire d'un ouvrier.

Le maître pose donc un acte de confiance sans limite, mais éclairé : il laisse toute liberté pour la gestion de ces sommes, et il les différencie en fonction des capacités de chacun.

Tout se déclenche avec l'expérience de l'absence du maître : que vont faire les dépositaires d'un tel trésor ?

Les deux premiers se risquent dans des opérations qui leur permettent de doubler leur capital, le troisième joue la prudence ; dans le droit juif d'alors, enterrer un dépôt valait comme un maximum de sécurité qui dégageait le dépositaire de ses responsabilités.

Arrive l'heure des comptes : cette confrontation répète neuf fois le mot seigneur ( = maître ) et le début souligne que la venue du Seigneur se situe ''longtemps après'' ; ainsi le lecteur comprendra qu'il s'agit, en transparence, du jugement de l’Église et donc aussi de ses membres

Si les sommes confiées étaient différentes, la récompense sera identique pour ceux qui sont allés au bout de leurs capacités... le dernier n'a pas fait sien le souci des biens de son maître…

La conclusion : devant Dieu comparaîtront deux types d'hommes : ''celui qui a'' porteur de sa fidélité active, et ''celui qui n'a rien'', qui n'a rien produit et se trouvera même dépouillé des mérites dont il pensait pouvoir se prévaloir. Le troisième serviteur n'a rien fait de mal…mais, pire, il n'a rien fait.

Voilà pourquoi l'évangéliste puisait dans le langage des affaires : la vie chrétienne ne se satisfait pas de piété et de bons sentiments : elle est un agir dont la grande fresque du jugement dernier va livrer le contenu :

                            cf Mt 25, 31-46.

Et aujourd'hui ? -

 

Comme pistes de réflexion, je me suis inspiré de l’homélie

publiée sur ce site

 

J'en tire ceci : le bien qui est confié à l’Église et à tous ses membres, c'est l'Evangile…

 

 Faire fructifier ce bien inestimable a pour but de nous rendre le plus humain possible vis-à-vis de nos semblables, si cela ne serait pas le cas, nous serions ''empêtrés'' dans une espèce de  ''religiosité mystico-gélatineuse''…

 

Faire fructifier l'Evangile consiste à le laisser agir sur trois plans :

 

1. Le témoignage de vie : choix, engagements, paroles, attitudes et actes

1.  

2. La prière personnelle, la lecture et la méditation de la Parole… pour qu'elle inspire notre témoignage de vie…

 

3. la participation aux célébrations en Eglise… pour que, de même, cela nous guide quant à notre témoignage de vie…

 

Pour ne pas en rester à de pieuses intentions, vérifions si vraiment, dans notre vie, ces trois plans sont, à peu près, en phase les uns avec les autres…