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DIMANCHE 2 NOVEMBRE 2008 - JOUR DE PRIERE POUR LES DEFUNTS – à Raedersheim

Hier nous fêtions tous les saints faisant ainsi mémoire de tous les croyants en Dieu, les connus comme les anonymes, qui ont été, par leur vie, signe du Christ ressuscité…aujourd’hui, nous pensons à tous les défunts, particulièrement à ceux et celles de nos familles, et dans l’esprit de beaucoup de gens, c’est le jour de prière pour les morts… en tant que chrétiens nous pouvons dire que c’est le jour de prière pour les vivants, pour ceux et celles qui sont plus avancés que nous sur le chemin de la Vie en Dieu –

Notre prière est pour eux, en communion avec eux, car nous sommes reliés à eux dans la foi en Jésus-Christ ressuscité ‘’annonce et promesse de notre résurrection’’

Croire en la résurrection….que de questions, de réserves, et aussi de doutes cela suscite…. La résurrection, c’est quoi ? , comment se la représenter ? si on se réfère à l’Evangile où il est question de Jésus ressuscité, c’est autre chose que l’immortalité de l’âme, c’est aussi autre chose que la reprise de la vie actuelle débarrassée de ses mauvais côtés comme les traces du vieillissement, de la maladie, du handicap et des blessures physiques - Il y a bien des sculptures anciennes qui représentent les morts sortants de leurs tombeaux, mais la résurrection n’est pas la réanimation de notre corps actuel qui est fait pour l’espace et le temps présent et non pour l’éternité… c’est vrai qu’il y a, dans une de nos profession de foi l’expression : « je crois à la résurrection de la chair » qui prête aussi à confusion… en fait, le mot hébreux qu’on a traduit par ‘’chair’’ désigne à la foi, la fragilité de l’être humain, ses faiblesses, et l’espérance liée à son avenir, et cette espérance c’est que l’amour de Dieu pourra transformer ce que nous sommes actuellement pour faire de nous des êtres qui continuent de vivre en relation avec lui et en lui avec nos semblables dans une existence et un monde sans fin ni limites, mais cela ne nous dit encore rien sur l’état de ressuscité,

dans les écrits de l’Ancien et du Nouveau Testament nous n’en avons que des approches, des représentations, des images… ainsi dans le passage du Livre de la Sagesse nous avons entendu que Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, qu’il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même

l’apôtre Paul, dans sa lettre aux Romains, a parlé de ‘’voir la révélation des fils de Dieu’’, de connaître la liberté, la Gloire des enfants de Dieu, c’est-à-dire : le rayonnement, la lumière de l’amour que Dieu leur offre : c’est l’une des significations qu’on peut donner à la lumière des veilleuses que nous déposons sur les tombes

Dans un passage de l’Evangile selon St Jean, Jésus est présenté comme celui qui est venu pour donner la vie, et la vie en abondance : là nous avons une indication qui est, pour nous, un appel : un appel à vivre de cette vie-là, pas seulement après la mort, mais dés maintenant, tout de suite, et en permanence tel que nous y invite la parole du Christ entendue dans l’Evangile : «  restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées ». 

Cette injonction, selon les circonstances et surtout les personnes, est entendue, comprise de différentes façons, l’important c’est qu’elle nous appelle à prendre notre vie au sérieux, à tenir dans nos responsabilités, à vivre notre vocation humaine et chrétienne le plus consciemment possible :

si nous croyons à la résurrection, à la vie éternelle, nous ne pouvons pas nous résigner à ce que nous voyons de tordu, de mal à l’œuvre dans notre vie et étalé dans le monde en soupirant après le ciel - avec une telle attitude, on ne serait pas disciple de Jésus !

L’espérance en la résurrection ne l’a pas fait s’évader des réalités terrestres ; en étant homme, en vivant la condition humaine, Jésus nous révèle comment vivre une vraie relation à Dieu et aux autres, ‘’ une vie de ressuscité’’ : faire progresser la paix, la compréhension, la solidarité, pratiquer le pardon et la réconciliation, agir pour favoriser le mieux vivre ensemble.

En ce jour où, tout particulièrement, nous pensons à ceux et celles de nos familles qui sont passés sur l’autre rive de la Vie, où nous prions pour eux, pensons surtout à qu’ils ont dit et fait pour vivre en ressuscité, et regardons comment, nous-mêmes nous le faisons.