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Dédicace de la basilique du Latran – Novembre 2003 - Ungersheim

 

Nous fêtons l’anniversaire de la dédicace de la Basilique du Latran qui est à Rome. La dédicace, c’est une inauguration solennelle par une cérémonie qui rappelle le baptême d’un chrétien : on asperge l’autel et les murs avec de l’eau, on y fait des onctions avec l’huile bénit par l’évêque et on les parfume avec de l’encens. Les prières qui accompagnent ces gestes demandent à Dieu qu’en ce lieu soit offert le vrai culte, l’adoration en esprit et en vérité.

La Basilique du Latran construite vers 324, est la première cathédrale chrétienne «  mère et tête «  de toutes les Eglise, c’est à ce titre qu’on fête sa dédicace depuis le 12° siècle, la signification de cette fête est l’unité et l’universalité de l’Eglise.

Cette fête est aussi un «  faire mémoire » du temps où l’Eglise est sortie de l’ombre de la clandestinité pour devenir un signe visible aux yeux de tous.

Cependant, nos deux lectures - la lettre de Paul et l’Évangile de Jean - nous ouvrent d’autres perspectives : le lieu où réside Dieu, n’est ni à Jérusalem, ni au Latran, ni au Vatican, ni dans une église, ou plutôt, il est bien là, mais pour signifier une présence universelle, partout et toujours, une présence qui n’est ni liée à tel coin de terre, ni à telle construction humaine.

Pour St Jean, toutes les valeurs que l’on accordait au Temple «  lieu de résidence de Dieu » sont transférées à Jésus - « mais le temple dont il parlait c’était son corps »  a noté l’évangéliste, ce temple corporel ne remplira à fond sa fonction que le jour où il sera détruit et reconstruit, c’est le Corps spirituel du Christ qui est depuis déterminant, le Corps de Jésus ressuscité et l’apôtre Paul dilate cette notion du temple-corps en écrivant aux chrétiens de Corinthe «  Ce temple c’est vous ! » On peut donc affirmer : « Ce temple, c’est nous » - oui, notre assemblée est «  corps des croyants - temple de l’Esprit , résidence de Dieu » - dans la foi chrétienne, on est en droit d’affirmer que l’humanité visible de chacun des disciples, de chacun des baptisés, est un lieu où Dieu désire «  habiter »

Si nous les croyants, avons pour fonction de signifier et d’annoncer la présence active de Dieu qui concerne tous les hommes, nous n’en n’avons pas le monopole , tout être humain est concerné par la parole : «  ce temple c’est vous » tout être humain est à «  l’image de Dieu » « à chacun Dieu propose de vivre sa vocation humaine selon son désir de vie et d’amour.

Dans sa lettre aux corinthiens St Paul emploie une autre comparaison : « vous êtes la maison que Dieu construit » leur écrit-il - et il se présente comme un architecte : « j’ai posé les fondations - d’autres poursuivent la construction » - il précise que les fondations, c’est le Christ et il invite chacun à vérifier la façon dont il continue à construire.

Nous sommes ainsi appelé, de façon continue, à vérifier nos motivations en ce qui concerne notre façon de penser et de conduire notre vie personnelle de baptisé comme notre place et notre rôle dans la communauté-Eglise de laquelle nous nous reconnaissons membres,

« Ce que je dis, ce que je propose, ce que je fais est-ce bien pour ajouter ma pierre à la maison que Dieu construit ? Est-ce que ma pierre personnelle s’intègre bien dans l’ensemble ? est-ce que j’ai le sentiment de participer à la même construction ? »

La comparaison de la maison employée par St Paul a une particularité intéressante : c’est que la construction n’est pas terminée - de génération en génération les croyants y apportent leur contribution -

l’Eglise-communauté de croyants, n’est pas une maison ancienne, dont on se passe respectueusement les clefs, mais un chantier permanent où il y a toujours de l’embauche,

un chantier où les tâches à assurer ne manquent pas pour qu’elle soit signe d’unité et d’universalité - c’est-à-dire : étant pour tous et s’adressant à tous :

Que chacun y soit accueilli, que chacun y trouve sa place compte-tenu de sa vie, de son histoire de foi, de ses possibilités, c’est à nous d’y veiller, de le pratiquer pour être vraiment «  la maison que Dieu construit » !

L’image de la maison que Dieu construit, comme celle du temple de Dieu que l’Esprit habite ; elle concerne chacun de nous individuellement, et elle concerne l’ensemble que nous formons : que ce soit ici comme assemblée qui célèbre, où que ce soit dans les mouvements et groupes qui se réunissent pour réfléchir à leur mission spécifique.

C’est tout aussi valable pour le regroupement de nos cinq paroisses qui sont appelées à devenir une communauté de paroisses tout en ayant chacune une réalité et une visibilité dans la commune où elle existe : nous ne pouvons construire correctement que sur les fondations qui existent : Jésus-Christ en ayant le soucis de tout assembler par la fraternité