30° DIMANCHE ORD. ANNEE A - 2011- cf 1° L Ex 22, 20 à 26 et Ev Mt 22, 34 à 40 – 22 et 23 oct F & P

Si nous observons ce qui se passe dans le monde et autour de nous, nous voyons qu’il y a plusieurs façons de se comporter en tant qu’êtres humains  : pour faire simple, il y a ceux qui ne se préoccupent que d’eux-mêmes et ceux qui  se font proches et solidaires des autres et ce quelque soit leurs idées, leur nationalité ou leur religion.

Nous voyons ainsi des hommes et des femmes qui, de diverses façon, en oeuvrant dans des organismes et des associations, se font le prochain des autres, en particulier de ceux qui sont en difficulté ou en détresse morale ou physique - parmi ceux qui se font ainsi proche de leurs semblables, certains le font au nom de convictions humaines qui favorisent le vivre ensemble, d’autres font aussi intervenir leur foi en Dieu, en Yahwé ou en Allah - quelque soit les motivations pour agir des uns et des autres, sachons le reconnaître et l’apprécier à leur juste valeur.

La situation dans laquelle nous sommes est donc très différente de celle dans laquelle le docteur de la loi a posé sa question à Jésus : en effet, en partant des 10 commandements le judaïsme avait produit 613 préceptes dont 365 étaient des interdictions : « tu ne feras pas » et 248 des commandements : « tu feras » - et même si la question du docteur de la Loi était pour mettre Jésus à l’épreuve, il y avait un réel besoin de classer les choses par ordre d’importance, d’où la question : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ».

Jésus, en réponse, ne dit rien de nouveau, il cite le début de la prière que tout fidèle juif récite matin et soir, inspiré d’un verset d’un Livre de la Bible : ( le Deutéronome 6, 5 ) - et il précise que c’est le grand, le premier commandement qui engage tout l’être d’où la mention de ‘’cœur, âme et esprit’’ - et il ajoute un autre élément qui lui aussi est déjà écrit dans un des Livres de la Bible ( e Lévitique 19,18 ) « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » en disant qu’il est semblable au premier commandement ; ça, c’est la nouveauté que Jésus introduit.

A travers cet Evangile et dans notre situation, Jésus, en quelque sorte, nous rappelle le lien qui unit ces 2 commandements : il s’agit d’aimer Dieu et d’aimer son prochain comme soi-même - dans la Bible, « vivre l’amour, aimer » désigne la décision de s’attacher à quelqu’un à qui l’on donne des droits sur soi et des actes concrets qui nourrissent cette décision - c’est-à-dire : qui lui donne réalité, qui la rende visible, concrète - en guise de conclusion, Jésus a dit que tout ce qu’il y a dans l’Ecriture, dans la Loi et les prophète dépend de ces deux commandements -

à partir de là on peut affirmer que toute la vie d’Eglise, la mission qui est la sienne, donc la nôtre dépend de ces deux commandements, que tout en découle,

qu’ils sont la source de notre pratique personnelle,

de la pratique de l’Eglise en général

et de la pratique de la paroisse comme de chaque groupe de chrétiens en particulier :

la paroisse étant ceux et celles qui s’en reconnaissent membres, qui la font exister et vivre par leur participation aux célébrations, par le don qu’ils font de leur temps, de leurs compétences, de leur énergie, de leur argent,

c’est sur ce fond là que la parole de Jésus nous interroge -

en effet, comme nous sommes une portion d’Eglise dans chacune de nos cinq communes, cette parole que nous écoutons et proclamons appelle ceux qui la reçoivent à la conversion et en même temps nous appelle personnellement à la conversion -

En permanence, nous sommes appelé à vérifier notre pratique quotidienne à la lumière de ces deux commandements : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit, tu aimeras ton prochain comme toi-même ».  De là, une question très simple : «  ceux et celles qui s’adressent à nous en personne, comme à la paroisse, pour diverses raisons, peuvent-ils à travers l’accueil qui leur est fait, le dialogue qui s'instaure, les propositions qui leur sont faites et surtout le ''ton'' employé, saisir, comprendre, voir un signe, un reflet de ce double amour que nous avons à coeur de pratiquer ?C’est sous le signe de l’amour que se déploie la mission qui est la nôtre, cet amour se déclinant en bienveillance, respect, compréhension, patience, propositions pour solutionner des difficultés et bien d'autres choses qui témoignent de notre volonté de nous mettre au service de leur progression humaine et chrétienne….